Jean-Christophe Cambadélis « Aucun scénario n’est écrit à l’avance »

Jean-Christophe Cambadélis « Aucun scénario n’est écrit à l’avance »

Voici l’interview de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, pour l’Hebdo des socialistes n°843-844. L’occasion de faire un point sur les enjeux des primaires de la gauche et des écologistes des 22 et 29 janvier prochains.

Que retiens-tu de la Grande convention de la Belle Alliance Populaire du 3 décembre ?

Je retiens deux choses. Tout d’abord, les standing ovations pour le Président de la République. En fait, cette journée s’est déroulée sous le sceau du respect. L’atmosphère a été très studieuse, très engagée mais marquée en permanence par une certaine émotion, tout le monde l’a ressenti. Ensuite, je retiens la combativité des militants présents. Ils ont conscience de la menace que font peser les droites et l’extrême droite sur notre pays et ils veulent s’engager pour l’unité de la gauche

Les médias n’ont pas été tendres…

Les médias sont arrivés à ce rendez-vous avec leurs préjugés. Rien n’aurait pu les faire changer d’avis. Ils n’ont pas voulu mettre cette Convention en perspective, après la décision du Président de la République. Et puis, comme à leur habitude, ils font dans l’hyperpersonnalisation : ils voulaient voir des candidats s’écharper. Je suis heureux qu’on les ait déçus sur ce point. Au final, tous les militants présents à la Convention et qui ont lu la presse du lendemain vous le diront : nous n’avons pas assisté au même événement que certains dans la presse.

Après la décision de François Hollande, quelle tournure prennent les primaires citoyennes ?

La décision du Président de la République est moralement et politiquement exemplaire. Nous le savions, car nous pouvons l’observer depuis le premier jour de son quinquennat : François Hollande est à la hauteur de l’Histoire et il est l’honneur de la gauche. Sa décision nous oblige et nous invite à faire de la primaire un succès. Il a en effet fini son allocution en appelant au « sursaut collectif ». Les primaires sont le moment du sursaut, de l’unité et du combat. Enfin, la décision du Président de la République déplace le curseur de la défense du bilan au débat sur les projets.2016-12-03-grande-convention-nationale-144

Tu prônes l’unité de la gauche, mais certains candidats persistent à partir seuls. Comment analyses-tu ces refus ?

La division est le plus court chemin vers la défaite. Certains candidats ont des stratégies de troisième tour et donc de troisième place. Leur objectif est de finir devant les autres candidats de gauche pour régler leurs comptes après le second tour et la défaite. La bonne stratégie devrait être de finir devant un candidat de droite pour aller au second tour et gagner. Pour cela il faut s’unir. C’est pourquoi j’invite Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron à nous rejoindre. Je martèlerai ce message tant qu’il le faudra.


« DEPUIS DES MOIS, LE PARTI SOCIALISTE A TRAVAILLÉ POUR PRODUIRE DES IDÉES RASSEMBLÉES DANS LES CAHIERS DE LA PRÉSIDENTIELLE »


Le Parti socialiste va-t-il faire des propositions aux candidats à la primaire ?

Au Parti socialiste, nous prenons les idées au sérieux. Depuis des mois, le Parti socialiste a travaillé pour produire des idées rassemblées dans les Cahiers de la Présidentielle. Ces idées, tous les candidats de la primaire de la BAP peuvent se les approprier. C’est buffet à volonté. Ces Cahiers sont socialistes jusqu’au bout : ils sont faits pour être partagés et discutés. Pour nous, ces Cahiers sont l’occasion de répondre à la demande de sens de nos compatriotes face à une droite qui fait dans le sensationnel. C’est une autre proposition faite aux candidats : tournez-vous vers les Françaises et les Français dans cette primaire !

La Droite dure domine dans les idées, pourquoi ?

Depuis de trop nombreuses années, la gauche s’est enfermée dans le seul débat économique, elle a délaissé la politique et donc la question clé : comment assurer la cohésion de la France, au-delà des différences. La gauche n’a pas non plus suffisamment combattu les précarités accaparés que nous étions par le redressement productif et la fin des déficits. Pour autant, sommes-nous si sûrs que la droite domine tous les esprits ? Je ne le crois pas. Je pense au contraire qu’il n’y a pas de majorité politique pour la casse sociale que nous promet la droite. Si la gauche fait dans le sérieux égalitaire comme elle fait dans le sérieux budgétaire et si elle retrouve sa combativité, alors la bataille de France ne fait que commencer. Et au final nous vaincrons.

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Quel scénario envisages-tu à la Présidentielle ?

Il n’y a aucun scénario écrit à l’avance, aucune défaite assurée, aucun adversaire invincible. Rien n’est écrit, tout est possible. Je pense que la pression sera tellement forte sur les candidats de gauche qui maintiennent leur candidature hors-primaire ou post-primaire, que la gauche abordera le premier tour en position pas si défavorable. La question centrale est le niveau pour accéder au second tour. Vous verrez, le ticket d’entrée au second tour va s’approcher du score du Parti socialiste aux dernières régionales. Et là, tout devient possible !

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