Jean-Pierre Rosenczveig, magistrat honoraire

« Réunir les conditions pour construire l’avenir»

« Pourquoi soutenir la démarche de la Belle Alliance Populaire quand on est engagé sans être pour autant adhérent au parti socialiste ? Le raisonnement est simple, mais pas simpliste. Un militant a pour objectif de voir ses idées reprises en compte et se concrétiser par ceux qui sont en charge de la gouvernance publique, nationale ou locale. Encore faut-il qu’accèdent aux manettes ou y demeurent ceux qui sont capables d’entendre et de relayer ces propositions.

Quand on s’est engagé pour faire progresser concrètement les droits humains des plus fragiles socialement, quand on s’est engagé sur des politiques sociales plus justes dans un contexte économique où la fracture s’agrandit et que les passerelles jetées entre les deux bords sont de plus en plus difficiles à pratiquer, – le juge pour enfants que j’étais en sait quelque chose –  on souhaite que la gauche soit pu demeure au pouvoir. Qui a vocation à être le pivot d’un gouvernement de cette nature sinon le PS, mais un parti socialiste plus ouvert sur la société civile, préparé à accéder au pouvoir, capable de mobiliser les compétences de terrain. Je suis contre une gauche suicidaire et seulement contestataire pour une gauche de responsabilité et de gouvernement.

Oui ce n’est pas facile de gouverner. Oui il faut gérer tous les jours des contradictions. Oui on commet des erreurs, parfois en masse, parfois avec un certain amateurisme au point de déboussoler ses soutiens, mais quitte à pratiquer cette autocritique il ne faut pas jeter le bébé et l’eau du bain. Dans le secteur que je connais (la justice des familles, les droits des enfants, l’aide sociale à l‘enfance, etc.) nous n’avons pas de complexes à avoir : nous avons su faire et nous saurons faire.

Dès lors que la Belle alliance populaire se donne pour projet de préparer les politiques à mener autrement qu’entre soi et contribuer à mettre en oeuvre de nouvelles avancées qui s’impose pour réduire cette fracture qui laisse à la dérive, prête à être prise dans les filets des mafieux de tous ordres, une partie de la jeunesse de France, il faut donc jouer cette carte. Oui il faut s’engager à nouveau. Oui il faut jouer la reforme contre le nihilisme. Je ne veux pas d’une gauche de gouvernement ramenée à 5%. Il faut se donner les moyens d’avoir prise sur la vie, sur notre vie, sur la concrétisation de nos idées.

Cette démarche pragmatique peut choquer ; elle tient comptes des rapports de force et des réalités. Laissons les nihilistes se suicider. Si on est pour et pas seulement contre, il faut réunir les conditions pour construire l’avenir. Donc le magistrat que j’étais et qui s’est toujours engagé sans engagement partidaire se doit aujourd’hui, dans le contexte économique, social, sociétal et politique qui est le notre, de s’engager à nouveau. »

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